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SAMEDI 21 JUIN 2008 Le 21 juin, jour du Solstice et des grandes fêtes païennes, est en général un jour particulièrement agrémenté de ces orages qui marquent l'entrée dans l'été ; sans doute pour se faire pardonner l'absence de printemps dans nos vallées, Dame Météo n'a pas voulu ajouter encore de l'eau à celle déjà tombée, et il faisait donc beau, très beau même ! Tant mieux, cela a permis à tous ceux qui avaient rejoint la Tinée et Roure, à la fois d'admirer le village et sa vue imprenable, et en fin de visite de parcourir (rapidement) l'arboretum. Mais nous n'en sommes pas là. À 14 heures, Michèle RAMIN accueille devant la chapelle des Pénitents Blancs transformée en Mairie la douzaine de courageux qui ont fait le voyage ; et bien leur en a pris ! Quelques mots d'introduction et de présentation du village et de son site, marqué par les pélites permiennes lie-de-vin qui donnent leur couleur aussi bien au paysage qu'aux toits ; et pour bien vérifier que l'eau a, à Roure, un goût particulier dues aux roches ferrugineuses traversées par les sources, tout le monde se précipite sur le lavoir pour se désaltérer… Regard sur la belle machinerie de fer du téléphérique qui a longtemps servi à acheminer le lait jusque dans la vallée,
puis montée au site de l'ancien château, nid d'aigle dominant la Tinée, et dont l'aménagement paysager et artistique récent est tout à fait remarquable. À la place du donjon, la sculpture aérienne de Nicolas Lavarenne "Le Grand Guetteur", renvoie au Moyen-Âge, et à la fonction de défense de ces villages perchés. Profitant du panorama, Michèle nous conte l'histoire du village, de ses relations avec ses voisins, de la mise en valeur agro-pastorale traditionnelle. La proximité avec Roubion, et les moqueries traditionnelles entre villages qu'elle nous rapporte font la joie des auditeurs.
Redescente vers la placette de l'église, non sans admirer un cadran solaire de 1760, qui doit à son grand âge de n'avoir rien compris à l'heure d'été… Michèle va chercher la clé de l'église dans les mains de Madame Blanc, qui en est toujours la dépositaire, ce qui permet de parcourir la ruelle pittoresque qui longe en fait le soubassement du château, et d'apprécier l'à-pic vertigineux du rebord du village. Dédiée à saint Laurent, l'église offre la juxtaposition d'une façade baroque et d'un clocher peigne très antérieur (fin XIIIème), reste d'une première église, elle même peut-être bâtie sur un sanctuaire très ancien. Le grand retable baroque du maître-autel, dédié à saint Laurent, entouré de saint Roch et de sainte Pétronille, le cède en intérêt au magnifique triptyque de l'Assomption, réalisé en 1560 par François Bréa.
En quittant l'église, on peut admirer le fin dessin des panneaux des portes, et l'on se dirige vers le cimetière, sur lequel donne l'ancienne entrée de l'église, au pied du clocher. La croix qui marque la base de l'alvéole supérieur du clocher est naturellement l'objet de toutes les suppositions, et l'on est tenté d'y voir quelque marque templière… On reprend les voitures pour se diriger vers la petite chapelle Saint-Sébastien. Ce petit chef d'œuvre d'architecture de la fin du XIVème siècle a reçu, en 1510, de magnifiques fresques réalisées par Andrea da Cella, et représentant en 12 panneaux la vie de saint Sébastien et de saint Bernard de Menthon ; sans compter la fresque dite "des vices" qui rapporte de façon très crue le supplice qui attend ceux qui, comme le curé de l'époque et une dame du village, ont succombé aux tentations de la chair ! Michèle souhaitant que nous ayons le temps de voir l'arboretum dédié à Marcel Kroenlein, qui en fut le créateur il y a vingt ans avec Michèle elle-même, nous grimpons en voiture jusque là. Le narrateur avoue bien volontiers que les plantes n'étant pas sa passion première, il n'est sans doute pas le mieux placé pour faire le compte-rendu de cette partie de la visite. Simplement peut-il rapporter l'enthousiasme et la compétence de Valentin, notre guide, apprécié de tous les participants, mais aussi les avis divergents portés par les uns et par les autres sur les œuvres d'art contemporaines disséminées dans l'arboretum par le collectif No made, les artistes ayant "confié leurs oeuvres à la Nature pour qu'elle les resculpte à son tour" ; en revanche, chacun (dont moi) trouve un grand intérêt pour les oiseaux grandeur nature magnifiquement sculptés et mis "en situation", et ne manque pas de s'extasier sur l'exceptionnelle collection de joubarbes (chacun, sauf moi, on l'aura compris…). En redescendant de l'arboretum, une dernière promenade dans les ruelles du village permet d'apprécier les effets de la lumière du soir. Savez-vous que c'est bientôt fini, les Villages de l'Amont ? Ne manquez pas la dernière… Isola, samedi prochain ! |
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