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19 AVRIL 2008 Après la Roya puis la Bévera, c'est la Tinée qui accueille cette troisième visite des VILLAGES DE L'AMONT. Les absents – et ils étaient nombreux, bien plus que les présents…- ont eu tort, qu'on se le dise ! les absents ont toujours tort, mais cette fois-ci encore plus que d'habitude.
À leur décharge, le dernier week-end des vacances scolaires n'est peut-être pas le moment le plus adéquat pour s'occuper du patrimoine, et le temps épouvantable de toute la semaine ne laissait guère présager ce magnifique samedi. Nous étions cinq courageux (plus deux dames charmantes d'Ilonse et Laure CLÉMENT, qui conduisait la visite) à avoir rejoint ce bout du monde, perché à 1250 mètres sur son arête rocheuse, à la fin d'une route de nulle part (achevée seulement en 1948, s'il vous plaît ! ). On ne peut pas être né à Ilonse et avoir le vertige, ce sont deux notions irréductibles l'une à l'autre ! Tant pis pour les absents, tant mieux pour les présents, la visite commence dans la salle même qui nous accueille par la présentation des moulages et photos des vestiges historiques trouvés à Ilonse, dont le fameux sanglier de bronze, aujourd'hui au musée archéologique de Cimiez. Puis l'on commence à monter (difficile de faire autrement).
Les barons (puis comtes) de Beuil sont omniprésents dans l'histoire du village, du Moyen-Âge jusqu'au début du XVIIème, la décapitation du tristement célèbre Annibal et le démantèlement du château ; c'est qu'Ilonse, grenier à blé des Grimaldi, est au moins autant tournée vers la montagne (Pierlas, Beuil, Lieuche…) que vers la Tinée.
Grimper dans ce village, en parcourir les ruelles en pente (goulé), y découvrir les passages voûtés (barmetto), les encadrements de porte, les ornements, le four, tous ces éléments de la vie traditionnelle si proche et si bien évoquée par nos guides, tout cela est un régal.
On voit au passage la chapelle Saint-Grat (on me permettra de préférer à la fresque moderne qui en couvre le fond une magnifique Vierge en bois polychrome du XIV ou du XVème siècle, pas encore étudiée) et l'on grimpe jusqu'à l'église Saint-Michel, bâtie à l'emplacement du château (et dont le chœur est l'ancienne chapelle castrale) ; beau mobilier, surtout magnifiques ornements sacerdotaux (classés MH) dans la sacristie transformée en petit musée.
Et enfin table d'orientation, au bout de l'arête, d'où la vue porte jusqu'au Mont Agel ; panorama majestueux, qui permet de repérer les différents hameaux, et de bien identifier tous les éléments de la mise en valeur agro-pastorale.
Le retour dans la salle d'accueil nous permet de terminer les excellentes tartes préparées par nos amies d'Ilonse (et d'en prendre la recette…) ; Laure nous présente son association "Accueil et Patrimoine à Ilonse", et remet à chacun la copie d'une photo ancienne ; l'accord n'est toutefois pas unanime (et nous ne somme pourtant pas nombreux ! ) sur les tâches qu'accomplissent ces deux dames. Cette photo se trouve aussi dans le très beau livre "Ilonse au bout du chemin…" que l'on peut se procurer, ainsi que le célèbre DVD "Ilonse mon village" dû à Lucien Pierlas, auprès de l'association (www.ilonse-patrimoine.com).
Encore un mot : on nous a dit que les habitants d'Ilonse sont surnommés les "Chats" ; indépendance de leur caractère, capacité à "griffer" si on les agresse ? Ceux que nous avons vus en semblent assez fiers ; qu'on nous permette cependant de dire que ce sont des chats très gentils et très accueillants. |
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