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L’appel sous les drapeaux
Au service de la république
Le retour à la vie publique
Conclusion
Sources et bibliographie
Annexes

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Les origines de la Conscription
Le Conseil de révision
La fête des conscrits


Plusieurs opérations préliminaires rythment l’année qui précède l’incorporation. Ainsi, le service militaire occupe-t-il l’esprit des jeunes hommes bien avant l’arrivée à la caserne.

 

Le recensement : Au mois de janvier débute le recensement de tous les jeunes gens ayant atteint l’âge de 20 ans dans l’année écoulée. Cette opération est l’acte fondateur de la classe. Dans chaque village, un groupe nouveau apparaît, celui des conscrits, constitué des garçons nés la même année et inscrits ensemble sur la liste de recensement cantonale. Les conscrits sont unis par une solidarité nouvelle, celle de l’âge, qui supplante, le temps des obligations militaires, les distinctions politiques, sociales ou religieuses. L’épreuve commune du service militaire ne s’oublie pas. Un lien affectif demeure bien des années plus tard.

 

Le tirage au sort : Au cours de l’hiver, les maires des différentes communes se réunissent au chef-lieu du canton pour mettre à jour les tableaux de recensement. Une fois les corrections effectuées, les jeunes de la classe sont convoqués pour un tirage au sort. Cette pratique apparaît sous la Restauration qui préfère une armée constituée d’engagés volontaires à une armée de citoyens. Toutefois le nombre de volontaires étant insuffisant, le régime monarchique doit se résoudre à maintenir une conscription partielle. La loi de 1818, met en place un « tirage au sort » pour compenser la faiblesse du recrutement. Chaque conscrit tire au sort un numéro qui détermine sa place sur la liste du recrutement militaire. Plus le numéro est faible et plus le risque d’être appelé sous les drapeaux est important. Inversement, les «  bons numéros » sont ceux qui vous placent en fin de liste. Les résultats du tirage sont publiés officiellement et les listes sont affichées dans chaque commune. Les titulaires des «  mauvais numéros » sont obligés de servir pendant 6 ans la Nation. Cependant, la substitution est autorisée, aussi les conscrits aisés prennent rapidement l’habitude d’acheter un remplaçant. Avec la loi de 1872, le tirage au sort change de nature, il sert à déterminer la durée du service. Désormais le service militaire est personnel et les remplacements ne sont plus autorisés. Cette modification traduit la volonté politique de reprendre en main la Nation après le désastre militaire de 1870-1871. Pour préparer la Revanche, il faut que chaque individu reçoive une formation militaire ainsi qu’une éducation patriotique [1]. Cependant, l’armée ne peut pas accueillir l’ensemble des effectifs d’une classe d’âge en même temps. Le tirage au sort permet alors de désigner les Français qui effectueront un service long (6 ans) et ceux qui seront libérés après un an. La notion de « bons » et « mauvais » numéros en est renforcée. Il faut attendre la réforme de 1905 [2] pour que la pratique profondément injuste du tirage au sort disparaisse.

 

La composition du conseil de révision : Au printemps se tient dans chaque chef-lieu de canton le conseil de révision qui va déterminer l’aptitude militaire des jeunes gens et étudier les demandes de dispense. Les décisions du conseil sont définitives et sans appel. Il existe un seul conseil de révision par département. Présidé par le Préfet, le conseil est composé de civils et de militaires. Autour du Préfet prend place un conseiller de Préfecture, un membre du Conseil Général et un membre du Conseil d’Arrondissement (jamais ceux du canton visité), un officier général ou supérieur, un sous-intendant militaire, le commandant du dépôt de recrutement et le médecin militaire.

 

L’examen des conscrits : Le Conseil se réunit à la mairie du chef-lieu du canton, les membres siègent en grande tenue et portent leurs insignes distinctifs. La réunion est des plus solennelles. La séance est publique, et généralement le maire et les conseillers municipaux de la commune visitée assistent à la réunion en présence des familles des conscrits. Tous les jeunes gens de la classe et ceux qui ont été ajournés les années précédentes, doivent se présenter. Les absents, sans excuse, sont automatiquement considérés comme aptes au service armé. Les conscrits sont examinés individuellement. Un gendarme appelle les jeunes gens selon l’ordre établi par la liste de recrutement. Le conseil observe, interroge et rend son verdict. Le médecin militaire joue un rôle déterminant. « L’épreuve physique » est le moment le plus redouté. Les conscrits doivent alors se présenter nus devant le conseil et l’assistance. A partir de 1873, des consignes sont données pour que la consultation du médecin se déroule à huis clos. Dans la réalité cette mesure est rarement appliquée. La mémoire locale rappelle la présence, dans les années 1960, de ces dames du Conseil Municipal, qui acceptaient, par conscience professionnelle, d’assister à l’examen de tous ces jeunes gens qui s’y présentaient nus [3]. Le passage devant le conseil est un moment solennel. L’honneur du village est en jeu. Une anecdote survenue à Saint-Martin-Vésubie illustre parfaitement cet enjeu. A l’approche de la date fatidique, les jeunes vésubiens d’une des classes des années 30 s’inquiètent. L’ « épreuve » du conseil est au cœur de toutes les conversations. Les conscrits discutent entre eux, interrogent les anciens. Les jeunes gens sont soucieux de donner une bonne image aux officiels et ils multiplient les conseils d’hygiène, notamment auprès d’un jeune berger de Belvédère. Le jour du conseil de révision arrive, la classe se rassemble devant la mairie de Saint-Martin. Horrifiés par l’odeur dégagée par le berger, les autres conscrits le sermonnent, lui reprochant de n’avoir pas tenu compte de leurs consignes. Vexé par ces remarques injustes, le berger leurs explique alors qu’il s’est bien au contraire « lavé exprès pour venir voir Monsieur le préfet »[4] et qu’il a même, pour la première fois de sa vie, pris un bain... dans le chaudron utilisé pour fabriquer le brous.

 

A l’issue du conseil, les conscrits sont déclarés « bons pour le service » ou inaptes. Les dispenses sont rares, elles ne sont accordées que dans le cas d’un problème physique sérieux (malformations, petite taille, maladies) ou pour des motifs familiaux ou professionnels. Les conscrits recalés sont souvent victimes de la moquerie populaire puisqu’ils sont reconnus comme hors norme. Les « bons pour le service » attendent alors quelques mois avant de recevoir leur affectation car les incorporations se réalisent à l’automne [5].

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[1] - Remarquons que le soldat de la République est alors un citoyen incomplet puisqu’il se voit privé de son droit de vote. L’armée gagne alors son surnom de « la grande muette ».

[2] - RABANY Ch. Le recrutement de l’armée. Commentaire de la loi du 21 mars 1905, 1906. L’auteur est le Chef du Bureau des Affaires Militaires au Ministère de l’Intérieur

[3] - Témoignage Mme Odette LONCHAMPT, fond C.E.V., février 2000.

[4] -  Témoignage Mme Josette BAILE MASSI, fond C.E.V., juillet 2000.

[5] - Loi de 1905, Art. 33 – Point de départ du service : La durée du service compte du 1er octobre de l’année de l’inscription sur les tableaux de recensement, et l’incorporation du contingent doit avoir lieu, au plus tard, le 10 octobre de la même année.

 


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